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La méconnaissance du monde de l'entreprise

Avez-vous déjà serré les poings en entendant : "Vos services sont vraiment trop onéreux, le travail réalisé ne les vaut pas" ou "Ce produit là, bien que Made in France est incroyablement cher, c'est n'importe quoi !".

Ce n'est pas toujours faux mais bien souvent, les gens montrent une méconnaissance totale du monde de l'entreprise. La masse salariale, les charges sociales, les loyers, etc ... constituent la majorité du prix d'un produit (à part quelques exceptions que l'on trouvera toujours). La marge réalisée sur un service / produit vendu ne rend malheureusement pas tous les entrepreneurs millionnaires en quelques années. Bien dommage pour nous ;)

C'est en lisant les commentaires sur cet article qui concerne notre partenaire Orika! que j'ai voulu écrire ces quelques lignes ce matin.

Un commentaire, par exemple, parle de 2 ou 3 euros le morceau de carton (il ne connait visiblement pas le tarif du carton de qualité) pour une table vendue 50 euros. Il ajoute entre parenthèses : "hors fonctionnement de la société ...". C'est justement pour cette raison que la table coûte ce prix là.

Je comprends tout à fait que l'on puisse trouver une table en carton relativement onéreuse à 50 euros. Mais, c'est le prix à payer pour avoir du Made in France de qualité. Je peux ajouter que la marge générée est faible.
La clientèle n'est d'ailleurs pas orientée vers le "particulier" mais le "professionnel". En effet, le meuble en carton est idéal pour un aménagement de stand par exemple. Léger, facilement transportable, pratique, personnalisable et écologique ... Le prix n'est plus qu'un facteur parmi d'autres et probablement pas le plus important.
Sur ce seul critère, il est clair que le positionnement est très complexe.

Une autre personne parle de 15 à 20h pour fabriquer à la main un chevet en carton. Si on prenait un tarif HT de 40 euros de l'heure (plutôt faible et sans compter la TVA comme on me l'a fait remarquer) : 15 * 40 = 600 euros. Les tarifs "automatisés" ne sont donc pas si impressionnants que ça. D'ailleurs même en gagnant 600 euros pour un meuble, l'artisan n'aura malheureusement 600 euros dans sa poche.

Bref, je ne recherche pas la démagogie mais un peu de réflexion à la lecture de certains commentaires ne font jamais de mal.

Oui, je lis des livres numériques !

Hier soir, en partant du bureau, j'écoutais Europe1 lorsque le sujet du livre a été abordé.

Une spécialiste du livre papier, passionnée, était interrogée. Comme bien souvent, le livre numérique a été dénigré au profit du livre papier.
Je comprends tout à fait qu'une personne passionnée et aussi attachée au côté "charnel" du livre réagisse de la sorte. En revanche, je ne suis pas convaincu que ce soit le reflet du marché.

Prenons le cas de l'industrie musicale. Nous ne sommes pas tous attachés au disque physique. Le passionné ne raisonne pas forcément d'une manière objective. Il serait dommage de faire les mêmes erreurs pour le livre.

Dans mon cas, je lis aussi bien des livres papiers que des livres numériques. J'apprécie un beau livre mais honnêtement, un livre basique sans soin particulier ne m'attire pas vraiment. Le livre numérique apporte un côté pratique en minimisant l'espace de stockage physique, en centralisant l'ensemble des ouvrages au même endroit. Si un soir, un week-end, je souhaite lire un livre que je ne possède pas alors je peux l'obtenir en quelques clics.

Pourtant, arpenter les rayons de la fnac (ou d'une librairie spécialisée) à la recherche d'un livre est aussi une expérience très agréable. A force d'opposer systématiquement numérique et papier, j'ai peur que certains s'en mordent les doigts dans quelques années.

De l'autre côté, le livre numérique ne doit pas non plus se contenter de la transposition d'un support à un autre. Utiliser l'accès à Internet, le son, la vidéo, l'intéraction utilisateur offre des perspectives passionnantes.

L'important, c'est que les gens lisent, non ?

Le CD n'est pas mort, certains achètent encore des vinyls. Le livre de papier ne va pas mourir. En revanche, les métiers autour du livre vont évoluer et il est important de ne pas s'enfermer en refusant cette évolution. C'est le meilleur moyen d'accentuer les difficultés.

Je comprends bien les angoisses de tous les maillons de la chaîne actuelle. Voir son emploi menacer, son écosystème évoluer, ce n'est pas toujours facile à accepter.
Même certains métiers du numérique sont menacés, évoluent, aussi récents qu'ils soient. Je suis bien placé pour le savoir et je suis inquiet, comme les libraires.

N'ayez pas peur du livre numérique, au contraire, intégrez le dans votre quotidien pour mieux le comprendre et l'associer à votre offre actuelle.

Les chiffres du e-commerce et les paillettes

Je vois passer plein de superbes chiffres sur l'explosion du e-commerce, du m-commerce & co.

A force de râler, je vais passer pour le mec pessimiste (que je ne suis pas) mais je n'ai pas un avis similaire.

Les cyberacheteurs sont de plus en plus nombreux, c'est un fait. Les gros sites bien connus voient probablement leur chiffre augmenter, c'est clair.
En revanche, si je regarde du côté des e-commerçants que je côtoie au jour le jour (il y en a pas mal), je ne vois pas forcément cette progression qui parfois ressemble plutôt à un fantasme.

Je remarque souvent une stagnation et même des chiffres en baisse. Certains progressent toujours, heureusement. Le panel dont je parle n'est peut-être pas représentatif, je ne sais pas.
Pourtant, je pense vraiment qu'il faut rationaliser tout ça et ne pas laisser croire que le e-commerce est un eldorado à coup sûr.

Heureusement, les nombreux blogueurs du secteur e-commerce remettent régulièrement les choses à leur place et nos idées semblent converger.

Le e-commerce, c'est du commerce et on ne le dira jamais assez. Ce n'est pas parce qu'on ouvre une boutique qu'on va gagner des millions et devenir ami avec son banquier.
Parfois, ça arrive et je le souhaite à tous. Je suis juste un peu agacé par le miroir aux alouettes qu'on essaie parfois de vendre ;)

Travailler avec le commerce traditionnel, c'est dur

Depuis quelques temps, je m'intéresse beaucoup au commerce traditionnel. Je suis convaincu comme je le répète à tout-va que le web peut aider les petits commerces en souffrance.
C'est, je pense, un marché prometteur et de nombreuses idées sont à mettre en place.

Malgré ces convictions, c'est vraiment très difficile. Le commerçant traditionnel ne réagit pas beaucoup aux sollicitations qui vont dans ce sens. J'ai tenté de nombreuses approches par e-mail sans aucune réponse. Même l'approche physique qui demande énormément de temps n'a pas les résultats escomptés.

J'ai l'impression que nos commerçants ne sont pas encore prêts, qu'ils ont peur ou tout simplement qu'ils ne croient pas au web. Je me demande encore si c'est par manque de culture numérique, par rejet du système ou par désintérêt.
Les boutiques de plus grande taille ont bien compris l'intérêt du numérique et de beaux projets voient le jour. Je vous invite d'ailleurs à suivre le blog Connected Store qui traite le sujet de façon très intéressante.
La société Go Shop est une initiative sympathique mais nous comprenons vite que ce sont plutôt les "grosses structures" qui sont visées.

Les petits galèrent, c'est un fait. Pourtant, nous avons vraiment beaucoup de mal à les convaincre même en leur proposant des outils gratuitement pour un premier essai !
Doit-on abandonner cette envie de booster le commerce traditionnel ? Doit-on insister encore et encore ? Je me pose pas mal de questions à ce sujet.
A plusieurs reprises, on m'a regardé avec de grands yeux lorsque j'ai dit que je souhaitais travailler avec les commerçants. J'aimerais tant leur montrer que le web peut leur apporter du trafic en boutique et que ce n'est pas un danger mais au contraire une chance.

Bref, j'y crois encore (un peu). Si nous arrivons à donner la première impulsion et à faire tourner cette roue, la suite sera beaucoup plus facile.
Je crois qu'il va encore nous falloir pas mal d'huile de coude pour décoincer le mécanisme :)

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