Vous avez probablement déjà lu que la méditation pleine conscience peut vous aider à améliorer votre santé, à mieux dormir, à éviter les rechutes dépressives (et probablement de nombreux autres points).

Pourquoi "observer" sa respiration offrirait autant de bénéfices ?

Je pratique la méditation pleine conscience depuis fin 2013.
5, puis 10 et désormais 15 minutes par jour. Je totalise 136 heures de pratique au moment où j'écris ces lignes.
Bien loin des dizaines de milliers d'heures cumulées par les grands maîtres, je peux toutefois vous affirmer que les résultats sont importants.

Je souhaite donc partager avec vous ma compréhension de son fonctionnement à travers mon expérience et les nombreuses lectures que j'ai potassées. Ceci ne reflète que ma vision personnelle, n'étant ni un expert ni un professionnel de santé.

Tout d'abord, la méditation pleine conscience ne se résume pas à se "concentrer" sur sa respiration. Je schématise pour simplifier. Plus globalement, il est nécessaire de maintenir son attention sur un "objet" au sens large du terme. La respiration est un excellent objet de méditation puisqu'elle est de nature plutôt stable.

Vous pouvez, par exemple, suivre vos inspirations et vous expirations jusqu'à sentir l'air chatouiller vos narines pendant une séance de 5, 10, 15 minutes ou bien plus.
Bien entendu, votre esprit va commencer à vagabonder à un moment ou à un autre. Peut-être allez-vous penser au travail que vous devez terminer, au rendez-vous que vous avez demain matin.
C'est tout à fait normal. Méditer ne signifier pas ne rien penser. Le but est de repérer chaque "égarement" et de revenir vers votre objet (dans notre cas, la respiration).
A chaque fois qu'une pensée s'offre à vous, ne la jugez pas, laissez-la passer et revenez vers votre respiration.

A force de pratiquer, il vous sera possible de détecter très tôt ces "égarements" et vous parviendrez de plus en plus rapidement à vous concentrer à nouveau sur votre objet de méditation.
Tout comme un sportif va développer ses biceps dans une salle de musculation en répétant un geste, vous allez muscler votre cerveau.

Mais comment cette pratique peut-elle nous rendre plus heureux , moins stressés ou même améliorer notre système immunitaire ?

La plupart de nos soucis quotidiens sont liés à notre état mental. Bien sûr, des problèmes physiques existent aussi et certains sont importants. Cependant rien qu'en réglant nos troubles "intérieurs", il est possible d'améliorer grandement notre confort de vie.
Certaines pensées prennent trop d'importance, notamment les fameuses ruminations.

A force de pratique elles perdront naturellement de leur force. En effet, ce travail d'introspection permet de pendre du recul sur des émotions négatives par exemple. Le fait de les "observer" permet de comprendre que nous ne sommes pas ces émotions mais qu'elles passent puis finissent par disparaitre.

Anticiper l'émotion associée à un problème futur ou passé n'est souvent pas une bonne idée. Bien entendu, cela ne signifie pas que nous devons avoir des comportements inconscients mais simplement s'ancrer davantage dans l'instant présent.

Matthieu Ricard parle souvent d'altruisme et propose de méditer sur "l'amour inconditionnel". Telle quelle, cette phrase peut paraitre étrange. Il veut simplement dire que l'objet de méditation peut aussi être une pensée bienveillante. D'après des études neurologiques, il faut savoir que de nombreuses zones de notre cerveau ne font pas une différence toujours très claire entre ce qui est pensé et ce qui est réalisé. La simple pensée régulière focalisée sur un objet pourrait donc renforcer certaines de nos aptitudes. Nous pourrions prendre en exemple les sportifs qui répètent une séquence de mouvements dans leur tête avant une compétition. L'altruisme est finalement une compétence comme une autre.

L'ancrage dans le moment présent permet aussi de vivre pleinement les expériences positives. Leur impact sera démultiplié en les vivant à fond.

Bien entendu, lorsqu'on est un grand anxieux par exemple, il ne faut pas croire que tout va disparaitre du jour au lendemain. Les rechutes sont fréquentes mais l'amélioration est rapidement perceptible.


Je pense que ces notions peuvent effrayer au départ car on associe souvent la méditation à des pratiques religieuses. Tout le monde n'est pas forcément à l'aise avec ça. C'était d'ailleurs mon cas au départ quand j'ai décidé de m'intéresser au sujet. Cependant, aujourd'hui, les choses ont changé et des médecins comme Christophe André ont montré que la méditation peut tout simplement être un outil aussi utile que le sport, si ce n'est pas plus.