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Sigur Rós à Rock en Seine 2012

Mes amis le savent, je suis passionné par le groupe islandais Sigur Rós.

J'écoute pratiquement tous les jours leurs mélodies envoutantes avec toujours autant de frissons.
La musique ne s'explique pas vraiment, elle se ressent. Je dois me situer sur la même longueur d'onde que les vibrations islandaises.

Je n'avais encore jamais assisté à une performance live du groupe au complet. J'ai eu la chance de voir Jónsi, le chanteur, lors de sa tournée solo il y a quelque temps mais jamais Sigur Rós.

Après une longue période d'absence sur scène, ils ont démarré une nouvelle tournée en 2012 pour Valtari. J'ai donc sauté sur l'occasion lorsque j'ai su qu'ils seraient à Rock en Seine cette année.

Vendredi dernier, nous nous sommes donc rendus à Paris, au festival Rock en Seine. La prestation était prévu à 21h mais nous avons participé à différents concerts toute la journée. J'ai apprécié la plupart des shows tout en gardant (je l'avoue) un oeil sur l'heure en attendant impatiemment les islandais.

Durant le concert de The Shins (précédant Sigur Rós) , nous avons progressivement gagné du terrain pour nous retrouver proche de la scène.
Puis, à 21h, ils sont arrivés !

Pour moi, le temps s'est arrêté et je n'ai pas vu passer l'heure qui a suivi. Les concerts s'enchaînent et ne doivent pas durer plus d'une heure.
Le groupe nous a bercé avec des titres piochés dans leurs différents albums pour terminer sur la terrible piste Untitled 8 (parfois nommée Popplagið) qui vous transporte littéralement vers une autre dimension.

Je ne vais pas détailler chaque titre puisqu'ils étaient tous aussi magiques. Les larmes n'étaient vraiment pas loin pour Hoppípolla.

Les islandais utilisent les instruments d'une manière originale en passant de l'archet/guitare à la baguette frappée contre les cordes pour Hafsól.

Si vous appréciez leur univers, les voir sur scène est un moment inoubliable.

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Ma critique de Valtari, le nouveau Sigur Rós

Je suis un fan inconditionnel du groupe et j'attendais ce nouvel album avec beaucoup d'impatience.

Valtari est officiellement sorti et ce matin, je l'ai écouté au casque au format Apple Lossless. Vous pouvez l'acheter sur le site officiel du groupe.

Les multiples détails dont le quatuor raffole viennent titiller vos oreilles.
Si vous avez écouté l'album en streaming, foncez vite vous procurer une version de meilleure qualité directement à la source.
L'album est bien entendu disponible chez Spotify et un abonnement premium vous offrira une qualité d'écoute confortable.
Le support physique pour les puristes est bien toujours là, rassurez-vous.

La meilleure façon d'écouter ce nouvel opus (comme souvent chez les islandais) et d'enchaîner les pistes dans l'ordre pour vivre le voyage dans son intégralité.

Ég anda
Accrochez vos ceintures et prenez place à bord du navire islandais.
L'ambiance se pose, le vent se lève doucement. La voix de Jónsi commence à résonner au loin portée par une légère étreinte musicale.
Puis, une rupture, le navire quitte le quai. La voix s'amplifie, les vagues vous portent.

Ekki mukk
C'est le titre que le groupe a choisi pour dévoiler Valtari. L'aventure continue. Un craquement persiste au loin tout au long du morceau. La croisière se poursuit et nous sommes paisiblement bercés par les flots. Les délicates notes du piano, la voix majestueuse de Jónsi sont accompagnées par un voile fantomatique discret.

Varúð
C'est pour moi Untitled 8 de (), Glósóli de Takk, Festival de Með Suð Í Eyrum Við Spilum Endalaust ou encore Grow Till Tall de l'album solo de Jónsi.
Le morceau démarre calmement, puis, une première envolée vous décolle un tantinet de votre siège. Délicatement, vous regagnez la terre ferme. Une seconde envolée prend le relais. Le calme à nouveau et ... les percussions font leur apparition. C'est l'explosion, on décolle pour de bon, c'est intense. C'est sans aucun doute une des pistes à la plus forte personnalité de l'album (même s'il est très difficile de choisir).

Rembihnútur
On redescend tranquillement pour une séquence envoutante. Je l'imagine comme un réveil en douceur qui se termine par une longue marche vers ...

Dauðalogn
Avez-vous déjà entendu chanter les anges ? Non ? Alors appréciez Dauðalogn. La première fois que j'ai écouté le morceau, j'ai retenu mes larmes. J'aime la musique qui provoque des émotions. Je dois dire qu'avec ce titre, Sigur Rós nous offre un moment de contemplation rarement atteint.

Varðeldur
Les trois dernières plages de l'album ne sont pas accompagnées du fausset de Jónsi. Les anges laissent place à une tirade instrumentale où les fantôme d'Ekki mukk se mêlent. Puis les choeurs se rappellent à nous pour nous enchanter, une dernière fois.

Valtari
La traduction : "rouleur compresseur" n'est pas à prendre au premier degré. Chez Sigur Rós, tout est douceur, délicatesse. Les vagues sonores nous bercent comme pour nous annoncer la fin du voyage.

Fjögur píanó
Cette fois-ci, nous arrivons à destination. Le piano vient clore notre expédition au pays des rêves. Et quelle expédition !
Lentement, les notes arrêtent le temps et semblent vous souhaiter un bon retour à la réalité.

La face B de Valtari comporte deux titres bonus : Kvistur et Logn. Elles ne sont pas liées au reste de l'album. Ce sont deux longues plages atmosphériques et mélancoliques. Elles me rappellent par moment le travail expérimental de l'EP BA BA TI KI DI DO (2004). Sigur Rós aime nous surprendre.

Fans des premiers albums du groupe, vous ne serez pas déçus. Je ne saurais que conseiller à tout le monde d'écouter Valtari, plusieurs fois. Cette musique déroute, surprend. Lorsque j'ai découvert les islandais, j'ai accroché tout de suite. Pour d'autres, plusieurs écoutes sont nécessaires. Offrez-vous le temps qu'il faut pour savourer ce son apaisant dont il est difficile de se passer une fois apprivoisé.

Sigur Rós et les réseaux sociaux

Sigur Rós est toujours le groupe ayant le plus d'importance à mes yeux.
Ils se font rares, peut-être trop parfois mais chacune de leurs créations est une merveille.

Með Suð Í Eyrum Við Spilum Endalaust est sorti en 2008. Depuis, l'attente est longue. Pour nous calmer un peu, fin 2011, le live Inni a donné un second souffle à plusieurs titres déjà excellents.
N'oublions pas l'album solo de Jónsi en 2010 et sa collaboration avec Alex l'année précédente. L'âme de Sigur Rós n'est jamais bien loin.

L'Islande est un pays que j'affectionne tout particulièrement et le quatuor n'est pas étranger à cet attachement.
Le pays déborde de créativité artistique notamment musicale mais plus globalement, la créativité islandaise est assez incroyable.
Même la politique du pays en bénéficie.

En ce qui concerne le web, c'est la même chose. Depuis longtemps, Sigur Rós partage des titres en libre téléchargement en incitant parfois les fans à utiliser les réseaux P2P.
Ils ont compris que leur travail serait toujours récompensé et que nous continuerions à acheter leurs albums, à voir leurs concerts.

Le prochain album, Valtari, sortira officiellement lundi prochain. Une fois de plus, le groupe a su utiliser le web en innovant à l'heure des réseaux sociaux.
Bien entendu, il est possible de précommander l'album depuis quelques semaines sous différents packagings et d'obtenir des bonus. Mais ce n'est pas tout ...

Jeudi dernier à 19h débutait la #valtarihour. Dans chaque pays du monde, à 19h heure locale, l'album était diffusé en streaming comme on l'aurait écouté à la radio.
Les auditeurs étaient invités à utiliser le hashtag #valtarihour pour partager leur écoute sur twitter, instagram. Vous pouviez immortaliser le moment en prenant en photo votre ordinateur diffusant la douce mélodie, partager votre lieu d'écoute, le paysage extérieur ou tout simplement donner votre point de vue sur ce nouvel opus.

J'ai donc échangé avec quelques fans sur mes impressions et cette écoute avait quelque chose de différent. Savoir que des centaines de personnes (peut-être plus) écoutent la même chose que vous, au même moment avec la même passion, c'est un sentiment vraiment sympa.
En choisissant une diffusion à une heure locale, le hashtag #valtarihour a donc été présent pendant un longue période sur les réseaux sociaux.

Voici quelques photos de l'évènement à découvrir sur hashgr.am.

Je n'ai pas vu de flash sur le site mais un player qui semblait utiliser du HTML5. La pochette de l'album se découvrait au fur et à mesure de l'écoute sur les différents fuseaux horaires. L'ensemble a été globalement très bien pensé jusqu'au moindre petit détail. Chapeau !

Pour poursuivre dans l'originalité, Sigur Rós a offert un petit budget à des réalisateurs pour qu'ils réalisent des clips à propos du dernier album. Ils doivent improviser en filmant "ce qui leur passe par la tête" à l'écoute du morceau. Voici un premier exemple pour Ég anda.

J'espère que d'autres groupes proposeront des expériences similaires en innovant encore et encore.

Pour conclure, Valtari est une très belle réussite. Comme bien souvent, l'album ne ressemble pas à son prédécesseur. Les nombreux accros à la référence () ne seront donc peut-être pas de mon avis. Personnellement, j'apprécie ces différentes évolutions. C'est toujours une nouvelle surprise et la magie mélancolique de Sigur Rós est toujours au rendez-vous. La touche d'Alex Somers est incontestable. Si vous avez aimé Riceboy Sleeps, Valtari est pour vous. Il n'est pas rare que je ferme les yeux, le soir, bercé par Happiness. J'espère que Valtari nous bercera aussi, à son tour.

L'album sort officiellement la semaine prochaine mais vous pouvez déjà l'écouter en streaming chez npr.org

Takk Sigur Rós.

Musique, streaming, ma vision personnelle

Spotify vient d'annoncer des restrictions sur son offre gratuite.

Je disposais d'un abonnement à l'offre premium que je viens de résilier après avoir remarqué que j'écoute peut-être à 90% des albums achetés.

Je reste néanmoins un utilisateur de Spotify qui propose une application vraiment performante et légère.

Attaché à la valeur des artistes que j'apprécie, il m'arrive fréquemment de lire des articles traitant de leur rémunération et de méditer à ce propos.
Les outils de streaming en ligne sont, j'en suis sûr, un excellent tremplin pour propager sa musique.

En revanche, que penser du retour pécuniaire pour le créateur ? Il est clair que le streaming rapporte très peu. Des centaines et des centaines d'écoutes sont nécessaires pour gagner quelques broutilles.
Dans notre société actuelle, très consommatrice, le citoyen de classe moyenne ne peut pas acheter tout ce qu'il souhaite découvrir.

Certains ont choisi l'option illégale, consistant à télécharger les morceaux sans payer un centime. Doit-on les punir, les blâmer, ce n'est pas à moi de résoudre cette question dans mon modeste billet.

Il est évident que les vrais passionnés continueront à acheter des albums et des places de concert.

Et le streaming ? L'écoute est légale, gratuite pour l'utilisateur dans le cadre d'un financement publicitaire ou payante dans le cadre d'une offre premium.
J'avais pour ma part opté pour la solution premium.
Cependant, même en payant une dizaine d'euros par mois l'artiste est très peu rémunéré. Dans mon cas, sachant que j'évolue dans un cercle musical assez précis, l'artiste est peut-être légèrement favorisé.
Mais, si l'utilisateur écoute un panel musical très large avec seulement quelques écoutes par morceau alors il n'offrira pas la fortune aux ayants droit ;)

Vous l'avez compris, je ne cherche pas stigmatiser qui que ce soit (un mot très à la mode en ce moment) mais à réfléchir à propos d'un modèle musical qui se cherche encore.

J'ai pensé à une solution qui me conviendrait et connaître l'avis de mes lecteurs à ce sujet m'intéresse fortement.

Prenons le cas d'un album à 10 euros en téléchargement légal contenant 8 titres. Je considère donc que chaque titre vaut 1.25 euros.
Combien d'écoutes sont-elles nécessaires pour considérer un titre comme "rentable pour l'acheteur". Si vous jouez une piste 10 fois, c'est un titre que vous appréciez, non ?
Chacune de ces écoutes aurait donc un coût de 0.125 euros.

Je trouverais donc normal de payer 0.125 euros à chaque fois que je décide d'écouter une des pistes. A partir du moment où mon débit atteindrait 10 euros (pour l'écoute de pistes de l'album en question) alors l'album serait acquis.
Si j'écoute 3 pistes je dépenserai 0.375 euros ne justifiant pas l'achat de l'album alors que si j'accroche vraiment il finira par m'appartenir.

Afin de faciliter le modèle et d'éviter les débordements budgétaires, il suffirait de créditer mon compte d'une somme prédéfinie et cette bourse serait ponctionnée au fil de mes écoutes.
Les différents fichiers seraient verrouillés à la manière de Spotify lors d'une mise en local puis déverrouillés au fur et à mesure de l'utilisation de mon crédit.
La première écoute serait gratuite pour découvrir le morceau avec une petite publicité par exemple.

Il est possible d'imaginer un mix en finançant en partie les écoutes par de la publicité, l'achat d'une place de concert mais en distribuant les gains à l'artiste en question et non une redistribution globale bien entendu.

Ma vision est peut-être utopiste mais je la trouve juste au premier abord.

Qu'en pensez-vous ?

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