Blog de Yoan De Macedo http://yoandemacedo.com/blog Les articles du blog de Yoan De Macedo Lettre à mon député local http://yoandemacedo.com/blog/lettre-a-mon-depute-local Monsieur le député,

Je me permets de vous écrire comme simple citoyen, pour vous faire part de mon inquiétude face à la passivité du monde politique alors que nous vivons la crise la plus importante de notre histoire. Je pense au changement climatique mais aussi au déclin de la biodiversité.

Bien entendu, nous ne pouvons pas dire que rien est fait. Mais, face à l'urgence de la situation et à son ampleur, les mesures prises sont bien souvent trop anecdotiques. Et malheureusement, régulièrement, lorsqu'une bonne mesure est adoptée, d'autres allant dans le mauvais sens le sont aussi.

Comme beaucoup, je suis extrêmement préoccupé par l'avenir du monde. Cette inquiétude est étayée par un consensus de scientifiques d'experts qui alertent depuis plusieurs décennies. Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous invite à lire le résumé du dernier rapport du GIEC. Arrêtons de prendre les écologistes pour des oiseaux de mauvais augure et de les caricaturer comme des décroissants souhaitant retourner à l'âge de pierre. Non, ils s'inquiètent pour leur survie, celle de leurs enfants, des espèces animales et végétales. N'est-ce pas légitime ?

Comment espérer une société prospère, la sécurité, le pouvoir d'achat dans un monde chaotique ? C'est une chimère, une pensée magique. Toutes les décisions, sur l'ensemble des sujets, devraient être prises à la lumière de leurs conséquences environnementales.

La technologie peut nous aider dans cette transition mais elle ne suffira pas. C'est une grave erreur, je pense (et je ne suis pas le seul), de miser exclusivement sur des technologies parfois balbutiantes ou impressionnantes au point de vue expérimentales mais qui montrent leurs limites lorsqu'il faut les imaginer à l'échelle nécessaire. Bien souvent, le problème est déplacé et il faut extraire d'autres ressources en quantité encore plus abondantes. Pire encore : espérer qu'une technologie salvatrice arrivera demain et fermer les yeux en attendant, en espérant ... Parier la survie de l'humanité là dessus est-il vraiment sérieux ? La technologie doit être une aide mais elle ne suffira pas.

La sobriété ne doit plus être un mot tabou. Oui, nous devons revoir profondément nos modes de vie, notre façon de consommer, de nous alimenter, de nous déplacer. C'est compliqué et je comprends les peurs. Mais avons-nous vraiment le choix ? Cette consommation effrénée est une parenthèse de l'histoire humaine. Elle n'est tout simplement plus possible sur une planète aux ressources limitées. En un temps ridicule à l'échelle de l'humanité, nous avons dépassé la plupart des limites planétaires. Mais, nous avons aussi amélioré considérablement notre confort. Je ne suis pas nostalgique de la qualité de vie de nos ancêtres. La vie est bien plus douce aujourd'hui (mais pour une partie des êtres humains seulement ...). Toutefois, nous n'avons pas su nous imposer les limites nécessaires et il est temps d'y remédier. Que nous le fassions délibérément ou pas, le ralentissement se fera. S'il est anticipé, réfléchi, la transition se passera beaucoup plus calmement que si elle est subie.

N'oublions pas non plus la justice sociale, indispensable à la réussite de ce changement. Ne mettons pas le poids de cette transition sur le dos de ceux qui n'ont pas les moyens, qui souffrent déjà. Chacun, à son échelle, doit participer. L'accompagnement des plus fragiles est une priorité.

Quoi qu'on fasse, le réchauffement climatique est en cours. Même si demain nous n'émettions plus un gramme de CO2, nous subirions tout de même les effets du réchauffement pendant très longtemps. Nous pouvons toutefois le limiter en atteignant la neutralité carbone. Un monde à +1.5 °C sera très différent d'un monde à +3 °C. Nous devons donc impérativement en parallèle de la baisse des émissions, nous préparer aux difficultés à venir. L'agriculture doit évoluer, l’urbanisme doit être repensé. Mais nous devons aussi nous préparer à des évènements climatiques intenses plus fréquents : vagues de chaleur, tempêtes, inondations ... Les risques d'incendies seront potentiellement accrus. Là aussi, il y a énormément à faire et les choix politiques sont importants. N'oublions pas non plus les pays du sud qui souffriront davantage (et qui vivent déjà les conséquences dramatiques de ce réchauffement climatique) alors qu’ils sont peu responsables de celui-ci et n'ont pas la chance de jouir de notre niveau de vie.

Je compte sur vous pour prendre à bras le corps ce sujet pour notre avenir à tous et pour les générations futures. La France est un pays important. Nous pouvons ouvrir la voie et montrer l'exemple.

Merci d'avoir pris le temps de lire mon modeste message. J'espère avoir fait le bon choix en vous accordant mon vote. Je vous souhaite bon courage pour votre mandat que je manquerai pas de suivre avec intérêt.

Sincères salutations.

Yoan De Macedo.

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Yoan De Macedo 2022-06-19T20:25:39Z
Faut-il s'équiper d'une voiture électrique ? http://yoandemacedo.com/blog/faut-il-sequiper-voiture-electrique C'est parti ! Le marketing s'est emparé de la voiture électrique. Elle nous est présentée à toutes les sauces. On aurait presque l'impression que nous devrions tous nous équiper d'une voiture électrique flambant neuve pour sauver la planète. Alors qu'attendez-vous ?

Ok. J'arrête l'ironie. Une voiture électrique ne rejette pas de CO2. C'est tout à fait vrai. En revanche, pour sa fabrication, ce n'est pas la même histoire. Une fois de plus, il est indispensable de regarder le cycle de vie complet du produit et pas simplement son utilisation. Un produit se construit, s'utilise et doit être détruit / recyclé / mis au rebut. Quoi qu'il en soit, après une période d'utilisation suffisante, la voiture électrique reste meilleure qu'une voiture thermique au niveau CO2. Il parait donc tout à fait logique de passer à l'électrique pour les nouvelles voitures.

Mais ... Le CO2 n'est pas le seul souci environnemental auquel nous faisons face. L'extraction de matières premières détruit la biodiversité, peut perturber le cycle de l'eau, etc ... Il ne faut oublier non plus l'abrasion des pneus qui entraîne l'émission de particules fines comme pour une voiture thermique. Faut-il abandonner l'idée de la voiture électrique pour autant ? Bien sûr que non !

Le problème est toujours le même. Pour persister dans le consumérisme, la recherche effrénée de croissance, on aurait bien envie que l'ensemble du parc automobile soit remplacé par des voitures électriques (et même encore davantage si possible). On continue donc les mêmes erreurs. Je ne parle même pas du lithium et de tous les autres métaux nécessaires pour fabriquer les bolides. On parle déjà de pénuries dans quelques années ... Dès qu'on passe à l'échelle, à chaque fois, on se rend compte que la plupart des solutions ne sont pas miraculeuses.

Là encore intervient le concept de sobriété qui m'est cher et qui, je crois, est la seule solution viable combinée à l'évolution de la technologie. L'un a besoin de l'autre. Comme le fait remarquer Jean-Marc Jancovici, nous devrions nous intéresser à l'électrification du transport en premier (dont le transport routier) avant la voiture individuelle. Sans transport de marchandises, nous n'avons plus rien puisque la plupart de nos biens de consommation, notre nourriture, voyagent. C'est encore pire pour les citadins !

La voiture individuelle doit devenir "l'exception". Les transports en commun doivent la remplacer. Il faudra aussi marcher, prendre un vélo et seulement quand ce n'est pas possible, utiliser une voiture électrique (idéalement en "auto partage"). Nous devons aussi revoir la notion déplacement, rapprocher le travail du domicile, les commerces, l'alimentation (c'est un véritable changement de société). C'est tout ça qu'il faut organiser, pas simplement remplacer une technologie par une autre et continuer dans la voie qui nous poussent droit dans le mur.

Ah oui, et oublions les mastodontes électriques. C'est une aberration. A l'heure où on doit économiser les ressources, ce sont des petits véhicules qu'il nous faut pour une utilisation domestique ...

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Yoan De Macedo 2022-06-15T15:37:54Z
Simplifier un projet numérique http://yoandemacedo.com/blog/simplifier-un-projet J'ai parlé récemment du renoncement qu'il fallait parfois accepter lorsqu'on souhaite développer un nouveau projet numérique.

En revanche, certains projets sont bien nécessaires car ils répondent à un véritable besoin aux conséquences positives par rapport à leur impact environnemental.

Toutefois, il est nécessaire de minimiser au maximum cet impact. Bien sûr une grande partie doit se faire au niveau de l'interface utilisateur et au niveau du code côté serveur (optimisation, utilisation sobre des bases de données, etc).

Mais, tout d'abord, il est important de réfléchir au besoin lui-même. Un besoin peut parfois en cacher un autre, bien plus simple, plus facile à développer et beaucoup moins lourd.

Prenons un exemple fictif. Vous pensez avoir besoin d'un agenda partagé entre tous les membres de votre structure. Il est donc nécessaire de permettre à chacun de saisir son agenda, de stocker chaque événement, de rendre les agendas visibles à tous. Pourquoi avez-vous besoin de cet outil ? Pour que chacun puisse savoir sur quoi son collègue travaille ? Pour savoir s'il est disponible à un moment précis ? Pour savoir s'il est disponible maintenant pour échanger avec lui ? Et si c'était ça le vrai besoin. Savoir si tel collègue est disponible. Effectivement un agenda partagé permettrait de le savoir mais c'est surdimensionné par rapport au besoin. Déjà, chacun devra renseigner chaque élément (rdv, session de travail, etc). C'est fastidieux. De plus le développement à réaliser est largement surdimensionné par rapport au besoin. Son impact environnemental aussi. Une simple interface partagée permettant à chacun de dire "je suis dispo / pas dispo" suffirait largement. Plus simple à développer, à utiliser, à adopter et bien plus léger.

Ce que je souhaitais montrer à travers cet exemple (qu'il me semble avoir vu quelque part dans un article), c'est que la solution au besoin pressenti n'est pas toujours la bonne tout simplement parce que ce besoin n'a pas été suffisamment creusé. Cette étape est très importante car si le besoin est finalement beaucoup plus simple alors l'évolution du cahier des charges peut avoir plus d'impact que n'importe quelle optimisation technique. Imaginez un besoin simplifié accompagné d'un développement technique optimisé !

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Yoan De Macedo 2021-12-17T08:17:03Z
Projet numérique : faut-il renoncer ? http://yoandemacedo.com/blog/projet-numerique-faut-il-renoncer Je ne vais pas revenir sur l'impact environnemental du numérique, j'en parle souvent. Il se trouve aussi que c'est mon domaine professionnel.

Comme dans de nombreux domaine, nous devons apprendre à renoncer. Je sais que cette façon de penser n'est pas toujours bien vue, que nous sommes loin d'être tous d'accords.

Je pense sincèrement que si nous voulons sortir la tête haute de cette transition écologique, assurer un avenir serein aux générations futures (et pour nous aussi !), nous devons nous diriger vers une certaine sobriété. Le numérique ne fait pas exception à la règle.

Je crois qu'avant de démarrer un nouveau projet, des questions doivent être posées. Qu'apporte celui-ci ? Un veritable "progrès" (facilite la vie des utilisateurs, améliore leur bien être, etc) ou simplement un gain financier ? Ses bénéfices sont-ils supérieurs à son impact environnemental ou son impact environnemental est-il minime ?

En fonction de la réponse à ces questions (qui ne sont pas exhaustives), il peut-être préférable de renoncer. Ce n'est pas parce que quelque chose est possible, qu'un public peut-être intéressé, qu'il faut absolument le développer.

Je sais que beaucoup frissonneront en lisant ça mais je suis convaincu qu'il est plus que temps d'avoir ce type de raisonnements.

Alors, je n'ai pas toujours fait les choix allant dans ce sens. Maintenant que j'ai pris conscience de l'importance de nos décisions à tous les niveaux, il est clair que mes prochains projets professionnels seront étroitement liés à ces contraintes.

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Yoan De Macedo 2021-11-09T14:12:32Z
Conservons nos terminaux numériques http://yoandemacedo.com/blog/conservons-terminaux-numeriques On pointe souvent le streaming vidéo comme étant une catastrophe écologique. Certes, l'impact est loin d'être négligeable et il est indispensable de réfléchir à ses usages et comprendre qu'on ne pollue pas qu'en sortant sa voiture. Des efforts doivent être faits partout.

Mais, c'est bien dans la fabrication de tous nos terminaux numériques (ordinateurs, smartphone, tablettes, gadgets ...), que le plus gros de la pollution est générée. Acheter moins, renouveler beaucoup moins souvent est donc la meilleure voie à suivre. On peut vivre sans posséder tous les gadgets. J'ai été, plus jeune, accro à tous les joujous et je suis ravi d'avoir pris conscience de ça.

C'est donc d'abord un effort individuel. Mais pas seulement.

L'obsolescence du matériel est un véritable problème. On peut mettre en avant plusieurs axes. D'abord le matériel doit pouvoir se réparer facilement en cas de panne. Cela signifie qu'il faut faciliter le démontage et fournir les pièces détachées le plus longtemps possible. L'indice de réparabilité va dans ce sens.

Il faut lutter contre l'obsolescence "sociale". Exhiber le dernier smartphone à la mode pour montrer "qu'on est dans le coup" est un vrai problème. Il faut vraiment réfléchir à nos valeurs.

Ensuite la partie logicielle a un gros rôle à jouer. Certaines mises à jour peuvent ralentir votre machine vous obligeant à la remplacer. Il est indispensable de séparer les mises à jour de sécurité / de bugs, des mises à jour fonctionnelles (nouveautés). L'utilisateur doit pouvoir choisir s'il souhaite ou pas les nouveautés. Malheureusement, ça n'avance pas assez rapidement sur ce sujet malgré les propositions intéressantes et c'est bien dommage.

Les logiciels doivent être les plus légers possibles et tourner aussi sur des machines plus anciennes.

Si je prends le domaine des applications web que je connais bien, il est important de garder la compatibilité avec d'anciennes versions de navigateurs par exemple. En effet les dernières versions ne s'installent pas toujours sur des systèmes d'exploitation plus anciens tournant eux-memes sur des machines anciennes. Par conséquent, utiliser les dernières librairies javascript à la mode n'est pas toujours la bonne option pour un développement web "durable". Côté serveur, là aussi, de gros efforts doivent être faits. Un serveur, c'est un ordinateur. Plus on a besoin de serveurs, plus on a besoin de ressources pour les fabriquer. Du code léger, bien pensé, a besoin de moins de ressources et donc moins de serveurs lorsqu'il faut monter en charge.

L'objectif général est de limiter la fabrication de machines, les conserver le plus longtemps possible.

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Yoan De Macedo 2021-11-08T09:59:58Z
Ne confondons pas émissions de CO2 et empreinte carbone http://yoandemacedo.com/blog/emission-empreinte_carbone Il est important d'insister sur ce point qui, je pense, est un vrai problème. Les débats sur le sujet (à la télévision notamment) sont souvent à côté de la plaque. Certains invités semblent jouer avec ces notions, en partie pour "greenwasher" probablement. Et ... ça marche.

Ce n'est pas parce qu'on baisse nos émissions de carbone à l'échelle d'une organisation, d'une ville ou même d'un pays qu'on baisse l'empreinte carbone globale.
Si je ne fabrique plus la plupart de mes biens de consommation localement mais que je délocalise la production dans un autre pays alors mes émissions liées à la fabrication des produits concernés va baisser. Les émissions seront générées dans le pays qui va concevoir mes produits. Nous devons donc étudier l'empreinte carbone globale qui est bien plus pertinente.

Pour remonter le niveau des débats, cette honnêteté intellectuelle est indispensable. Nous savons bien que la plupart de nos activités polluent, c'est un fait. Nous sommes tous responsables. Nous devons donc collectivement faire le maximum pour améliorer le système mais en mettant toutes les variables sur la table. Sinon, c'est inutile.

L'ensemble de nos biens de consommation, de nos activités génèrent du CO2 que ce soit localement ou à l'autre bout du monde. C'est donc bien nos modes de vie que nous devons faire évoluer en plus d'améliorer nos technologies. L'un ne peut pas vraiment aller sans l'autre. Sans sobriété, je doute fortement que nous puissions y arriver. Sans technologie, on pourrait mais avec un changement radical dans nos modes de vie avec un confort qui serait bien loin de ce que nous, occidentaux, connaissons. Nous avons donc aussi besoin de technologie.

Les efforts allant vers la baisse des émissions de CO2 sont bien sûr nécessaires. Toutefois, si cette baisse à l'échelle locale se fait à travers une délocalisation massives des émissions, le résultat n'est pas là. Si la technologie utilisée à l'autre bout est moins performante, le résultat peut être même pire. Le CO2 rejeté ne va pas rester gentiment au dessus de l'endroit où il a été émis. Heureusement d'ailleurs car ce serait accentuer encore les inégalités sociales qui sont déjà délirantes.
Il va se répartir gentiment dans notre atmosphère et tout le monde aura le droit à sa part.

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Yoan De Macedo 2021-02-22T11:18:37Z
Ecoconception web côté serveur http://yoandemacedo.com/blog/ecoconception-web-cote-serveur Nous le savons, le numérique n'a rien de virtuel même avec le web. En bout de chaîne, on trouve des terminaux utilisateurs, des serveurs web. Tout ce matériel a besoin de très nombreuses ressources minières. Sa fabrication demande beaucoup d'énergie, génère beaucoup de CO2. Son utilisation nécessite aussi de l'énergie même si c'est "presque" secondaire. En effet, l'équivalent CO2 de la fabrication d'un ordinateur portable est largement supérieure au CO2 généré pendant tout da durée de vie pour l'alimenter d'après les informations que j'ai pu trouver. Ceci dit, ce n'est pas une raison pour l'ignorer. Toutes les optimisations sont bonnes à prendre.

Je veux parler ici d'optimisation liée au web puisque c'est mon domaine d'activité mais les applications bureau et mobiles sont bien entendues concernées.

Mon travail consiste principalement à du développement web côté serveur.

On entend souvent parler des optimisations côté "front" (CSS, images, limitation des "tracker", utilisation intelligente de javascript, etc).

Je trouve qu'on ne parle pas assez du côté "back". Je ne dis pas que personne en parle mais pas assez à mon goût. C'est pourtant là que se passe la plupart des traitements d'une application web.

Une page html optimisée mais générée par une application serveur très gourmande ne peut pas être considérée comme écoconçue. Les géants du web ont besoin de tellement de ressources qu'ils font ce travail d'optimisation côté "back". C'est indispensable pour eux. En revanche pour les plus petits, j'ai l'impression que ce n'est pas toujours une priorité. Le prix d'une machine supplémentaire n'est pas forcément très important et il est parfois plus simple d'ajouter une machine (surtout dans le cloud où tout est extensible) plutôt que de chercher l'optimisation. C'est bien dommage.

En effet, si on cumule toutes les pertes engendrées mondialement, l'économie à faire est probablement énorme en terme d'énergie et surtout en serveurs. Ce sont des machines bien physiques qu'il faut construire. J'ai moi même ignoré ça pendant longtemps sans m'en ŕendre compte. Si le coût des ressources prenait en compte les dommages écologiques, on réfléchirait probablement différemment (et pour tous les domaines d'ailleurs).

Pour commencer à optimiser, je pense que le plus efficace est de répérer le code qui est exécuté le plus souvent. En effet, améliorer les performances d'un code gourmand mais appelé très rarement (je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire) aura un impact bien moins important. Ensuite, il faut étudier précisément ce code et remarquer les portions gourmandes comme les nombreux échanges avec une base de données par exemple (c'est souvent là qu'on peut faire de grosses optimisations). Que pourrait-on faire ? Revoir les index ? Optimiser les requêtes SQL ? Est-ce possible si un ORM spécifique du marché est utilisé ? Faut-il gérer la requête manuellement ? Cette requête est-elle souvent identique et retourne-t-elle toujours les mêmes résultats (dans ce cas un cache serait efficace en mémoire par exemple) ?

Non seulement ces optimisations seront intéressantes pour vous car vos outils s'exécuteront plus rapidement en limitant l'ajout de ressources en cas de montée en charge et vous participerez à l'effort collectif pour l'environnement. Collectivement, on peut faire la différence.

Quand je regarde une partie du travail que j'ai écrit, je me rends compte aujourd'hui que je ne ferais pas du tout les mêmes choix quitte à limiter la souplesse de certains outils. Il faut trouver le bon dosage et savoir parfois renoncer à certaines fonctionnalités si un équivalent un peu mois souple offre une économie de ressource significative. Lorsque le développement est à réaliser pour un client, un employeur, c'est plus compliqué. Il faut essayer de convaincre. C'est aussi notre rôle.

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Yoan De Macedo 2021-02-19T14:32:53Z
Il n'y a pas que le CO2 http://yoandemacedo.com/blog/pas-que-co2 On entend beaucoup parler du réchauffement climatique, principalement lié au CO2 rejeté dans l'atmosphère.
C'est une excellente nouvelle puisqu'il indispensable que tout le monde prenne conscience de l'urgence.
Grâce à "l'équivalent CO2", il est aussi possible de mesurer l'impact d'un produit, d'un service, d'un voyage et on peut le comparer aux 2 tonnes annuelles par personne que nous ne devrions pas dépasser pour rester en dessous des 2°C de réchauffement. Là encore, c'est très important.

Toutefois, n'oublions pas que le CO2 n'est pas le seul problème environnemental. Les pollutions diverses, le déclin de la biodiversité ne doivent absolument pas être oubliés.

Prenons l'exemple de la voiture électrique. Nous savons qu'elle ne rejette pas de CO2 à l'utilisation (enfin, si l'électricité est décarbonée. Si elle a été produite avec du charbon, on peut considérer que la voiture roule au charbon). Nous savons aussi que le CO2 rejeté pour sa fabrication est plus important qu'une voiture thermique. Toutefois, si on prend le cas d'une petite voiture électrique (et même des plus grosses, j'ai été surpris), en France, sur son cycle de vie complet, elle peut générer beaucoup moins de CO2 qu'une voiture thermique équivalente si on la garde suffisamment longtemps. J'ai été étonné, c'est assez rapide. J'ai utilisé le le simulateur climobil (j'espère que les données sont correctes). C'est une bonne nouvelle. Mais ...

Le CO2 n'est pas le seul souci. L'extraction minière n'est pas neutre pour la biodiversité. Certains produits chimiques ont aussi des conséquences sur la qualité de l'eau, les animaux, l'environnement. Et ... nous avons trop tendance à oublier cette partie là qui est gravissime elle aussi. On parle de la santé de tous les êtres vivants, nous compris.

Par ailleurs (c'est une autre histoire), le renouvellement trop rapide de sa voiture thermique pour une voiture électrique n'est pas toujours si bon que ça pour la planète. En effet, si la voiture remplacée est toujours en bon état, elle va probablement partir vers le marché de l'occasion. Elle va donc encore polluer mais dans les mains de quelqu'un d'autre ... Certains modèles vont aussi partir vers des pays émergants et démocratiser la voiture dans des zones où les gens se débroullaient sans. Son recyclage en fin de vie sera-t-il réalisé dans les mêmes conditions ?

Il faut donc faire très attention aux méthodes utilisées pour baisser nos rejets de CO2. Nous ne devons pas le faire au détriment de la biodiversité, au détriment de la santé car nous n'arrangerons pas le problème de cette façon.
Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas utiliser la technologie et ne pas chercher de nouvelles solutions, au contraire, mais elles doivent être étudiées sous toutes les coutures. On en revient encore vers la recherche de sobriété.
Le déplacement en véhicule électrique est très intéressant mais via le transport en commun d'abord. Partage de véhicule, vélo, nos jambes et si ce n'est pas possible la voiture individuelle électrique.
Bien entendu, il faudrait donc consolider les réseaux de transport en commun, revoir nos villes et nos villages pour moins avoir besoin de nous déplacer. Réhabiliter les petits commerces locaux, rapprocher le lieu de travail grâce au télétravail (à la maison ou via des espaces de coworking) lorsque c'est possible bien sûr. Globalement, nous devons trouver des solutions pour moins avoir besoin de nous déplacer, optimiser nos déplacements et utiliser la méthode la moins polluante chaque fois que c'est possible.

Et ne voyons pas tout de suite la chute de l'économie. On aura toujours besoin de se déplacer. Certaines entreprises devront revoir leur modèle, le faire évoluer mais je pense que les opportunités sont nombreuses et passionnantes. Nous n'aurons de toutes façons pas le choix. Soit nous faisons le nécessaire en adaptant l'économie, en transformant certains métiers, soit la "transition" se fera sans nous, très brutalement et là l'économie risquerait bien d'être à genou (et nous avec).

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Yoan De Macedo 2021-02-12T17:18:28Z
Prise de conscience http://yoandemacedo.com/blog/prise-conscience Je ne sais plus exactement à quel moment j'ai ressenti la véritable urgence. Pas celle qu'on connaît mais qui semble un peu lointaine mais celle qu'on ressent vraiment, qui résonne en nous. C'était au cours des deux dernières années qui viennent de s'écouler.

Nous savons aujourd'hui que pour ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement de la planète, nous ne devons pas rejeter plus de 1.7/2 tonnes d'équivalent CO2 annuellement par personne pour l'ensemble de nos achats, de nos activités (directement et indirectement). Ce sont les chiffres qui circulent et qui semblent être admis par la communauté scientifique. C'est indispensable pour limiter les conséquences du réchauffement. Je ne parle même pas de les empêcher puisqu'il est déjà trop tard. En revanche nous pouvons encore les limiter pour maintenir des conditions de vie "agréables".
La moyenne d'un français serait aujourd'hui autour de 11 tonnes. Oui 11 tonnes. Une division par 6 est nécessaire.

Quelqu'un né dans les années 50 en France dispose d'un quota moyen de 588 tonnes équivalant CO2 utilisable durant toute sa vie (pour 2° de réchauffement). Pour un enfant né en 2016 c'est 176 tonnes (source). On comprend assez vite pourquoi il ne pourra pas se comporter de la même façon et qu'il aura une vie différente. Plus nous ne faisons rien et plus les efforts nécessaires seront importants les années suivantes. Il est temps de se bouger sérieusement.

Alors ne regardons pas le passé en se morfondant. J'ai pris l'avion plusieurs fois avec mes parents quand j'étais jeune puis adulte je l'ai pris aussi pour partir vacances. J'ai aussi acheté et changé bien trop de fois de téléphone, d'ordinateur. Je ne savais pas tout ça. Je le regrette mais c'est fait. Maintenant, je suis informé, je connais les conséquences et ce qu'il faut faire.
J'agis différemment, je vois les choses autrement. Et ... je suis encore bien loin des 2t.
D'ailleurs, à ce sujet, même les comportements héroïques ne suffiront pas (et je n'ai pas un comportement "héroïque"). Les institutions, le monde des entreprises doit aussi changer. La clé vient en grande partie d'eux. Toutefois, le "système" répond aussi à notre volonté, à nos exigences. Il est tout à fait possible de faire évoluer le système par nos changements de comportements. On parle du "point de bascule".

Je ne vous cache pas que les discussions avec mes amis, avec mes proches peuvent être animées. Nous n'avons pas encore tous perçu l'urgence réelle et c'est relativement difficile pour moi de ne pas réagir en m'emportant un peu parfois. C'est peut-être parfois exagéré mais ça vient des tripes. Je compatis avec tous ceux qui se battent déjà depuis des décennies, qui alertent sans cesse. Leur courage mérite d'être salué. J'ai beaucoup de respect pour eux.

A partir du moment où on est informé, quand on connaît les conséquences du réchauffement, du déclin de la biodiversité, des inégalités sociales répugnantes, ne rien faire et continuer comme si de rien n'était est grave. C'est égoïste pour tous les enfants et les jeunes d'aujourd'hui, pour toutes les générations futures. N'oublions pas non plus que les conséquences sont déjà bien réelles pour une partie de l'humanité, qu'elles vont s'accentuer dans les années à venir et que nous serons tous touchés.

Je le répète sans cesse mais n'attendons pas la solution technologique qui stoppera le réchauffement, soignera la biodiversité et fera disparaître les inégalités. Bien sûr la technologie est nécessaire et nous aidera mais le vrai changement viendra de l'évolution de nos modes de vie.

Nous aimons les chiffres et ils sont bien utiles pour comprendre. Je vous laisse jeter un oeil à cet article sur les ordres de grandeur. Gardez en tête les 2 tonnes eq CO2 par an à ne pas dépasser.

'Un A/R Paris-Marseille en TGV émet 10x moins de CO2eq qu'1kg de viande rouge". Impressionnant non ? "En moyenne, un français émet environ 27x plus de CO2 qu'un Burkinabais". Vous comprenez pourquoi je m'agace quand j'entends "il faudra peut-être bien que certains fassent moins d'enfants dans certains pays ...". Si on suit leur raisonnement, ils se trompent de pays. Les responsables, ce sont bien les pays riches. C'est à nous de faire les efforts les plus importants. Les pays pauvres sont les moins responsables et sont ceux qui bénéficient le moins de l'amélioration de niveau de vie. Et pour finir, ce sont eux qui, pour l'instant, se prennent les plus grosses conséquences. Soyons humbles.

Et si on changeait sa voiture pour la planète ? Vous êtes sûr ? Lisez ça. Donc 18 tonnes CO2eq pour une voiture de classe "moyenne". 9 ans du quota CO2 pour toutes les activités, achats d'une personne ...

Tous ces chiffres ne sont pas les miens, ce sont des ordres de grandeurs et ils ne sont probablement pas d'une précision extrême. Il n'est d'ailleurs probablement pas possible d'être exact. Je ne les certifie pas bien sûr mais je n'ai pas vu non plus de chiffres allant dans un sens très différent.

Je sais que je radote un peu sur cette conclusion mais un monde différent ne signifie pas un monde plus terne et plus triste. Non, il peut être confortable, heureux. C'est à nous de définir nos priorités, d'inventer de nouveaux loisirs, de nouveaux repères.

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Yoan De Macedo 2021-02-01T15:48:55Z
L'importance du récit http://yoandemacedo.com/blog/recit Beaucoup de militants écologistes parlent de récit. J'avoue que la première fois que j'ai entendu ça, j'étais sceptique.
Puis j'ai écouté à nouveau des gens comme Cyril Dion, Aurélien Barrau. Dans un autre registre, j'ai lu Yuval Noah Harari. J'ai médité là dessus et ils ont raison. C'est une évidence.

Nos sociétés fonctionnent grâce au récit. Nos règles ne sont que des récits. Qu'est ce qu'un contrat de travail ? Qu'est ce que l'argent ? La loi ? Des histoires que les humains se racontent et qu'ils croient. Rien de tout ça n'existe matériellement. Où est le rapport avec l'environnement allez-vous me dire ? J'y viens.

Prenons un exemple. Qu'est ce que "réussir sa vie" ? La plupart des récits mettent en avant l'argent, la voiture de sport, les belles villas (et tout ce qui va avec). Ils sont transmis oralement entre les individus, parfois même indirectement durant les études, par les films, les livres, la publicité. Ces messages se sont imprimés dans nos esprits de générations en générations et façonnent nos comportements, dirigent nos envies. Malheusement, ces récits sont étroitement liés à la destruction de l'environnement, au développement des inégalités sociales.

N'existent-ils pas d'autres récits menant au bonheur, en accord avec le respect de la nature, l'égalité entre les humains, un partage plus juste des ressources ? Personnellement je pense que si et un récit probablement plus beau, avec un résultat plus durable et plus heureux. Alors heureusement, certains l'écrivent déjà et je les remercie. Mais, nous pouvons tous y participer en commençant à réfléchir différemment, en se détachant des récits dominants, en expérimentant et en transmettant.

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Yoan De Macedo 2021-01-23T21:04:00Z