Blog de Yoan De Macedo http://yoandemacedo.com/blog Les articles du blog de Yoan De Macedo Ne confondons pas émissions de CO2 et empreinte carbone http://yoandemacedo.com/blog/emission-empreinte_carbone Il est important d'insister sur ce point qui, je pense, est un vrai problème. Les débats sur le sujet (à la télévision notamment) sont souvent à côté de la plaque. Certains invités semblent jouer avec ces notions, en partie pour "greenwasher" probablement. Et ... ça marche.

Ce n'est pas parce qu'on baisse nos émissions de carbone à l'échelle d'une organisation, d'une ville ou même d'un pays qu'on baisse l'empreinte carbone globale.
Si je ne fabrique plus la plupart de mes biens de consommation localement mais que je délocalise la production dans un autre pays alors mes émissions liées à la fabrication des produits concernés va baisser. Les émissions seront générées dans le pays qui va concevoir mes produits. Nous devons donc étudier l'empreinte carbone globale qui est bien plus pertinente.

Pour remonter le niveau des débats, cette honnêteté intellectuelle est indispensable. Nous savons bien que la plupart de nos activités polluent, c'est un fait. Nous sommes tous responsables. Nous devons donc collectivement faire le maximum pour améliorer le système mais en mettant toutes les variables sur la table. Sinon, c'est inutile.

L'ensemble de nos biens de consommation, de nos activités génèrent du CO2 que ce soit localement ou à l'autre bout du monde. C'est donc bien nos modes de vie que nous devons faire évoluer en plus d'améliorer nos technologies. L'un ne peut pas vraiment aller sans l'autre. Sans sobriété, je doute fortement que nous puissions y arriver. Sans technologie, on pourrait mais avec un changement radical dans nos modes de vie avec un confort qui serait bien loin de ce que nous, occidentaux, connaissons. Nous avons donc aussi besoin de technologie.

Les efforts allant vers la baisse des émissions de CO2 sont bien sûr nécessaires. Toutefois, si cette baisse à l'échelle locale se fait à travers une délocalisation massives des émissions, le résultat n'est pas là. Si la technologie utilisée à l'autre bout est moins performante, le résultat peut être même pire. Le CO2 rejeté ne va pas rester gentiment au dessus de l'endroit où il a été émis. Heureusement d'ailleurs car ce serait accentuer encore les inégalités sociales qui sont déjà délirantes.
Il va se répartir gentiment dans notre atmosphère et tout le monde aura le droit à sa part.

]]>
Yoan De Macedo 2021-02-22T11:18:37Z
Ecoconception web côté serveur http://yoandemacedo.com/blog/ecoconception-web-cote-serveur Nous le savons, le numérique n'a rien de virtuel même avec le web. En bout de chaîne, on trouve des terminaux utilisateurs, des serveurs web. Tout ce matériel a besoin de très nombreuses ressources minières. Sa fabrication demande beaucoup d'énergie, génère beaucoup de CO2. Son utilisation nécessite aussi de l'énergie même si c'est "presque" secondaire. En effet, l'équivalent CO2 de la fabrication d'un ordinateur portable est largement supérieure au CO2 généré pendant tout da durée de vie pour l'alimenter d'après les informations que j'ai pu trouver. Ceci dit, ce n'est pas une raison pour l'ignorer. Toutes les optimisations sont bonnes à prendre.

Je veux parler ici d'optimisation liée au web puisque c'est mon domaine d'activité mais les applications bureau et mobiles sont bien entendues concernées.

Mon travail consiste principalement à du développement web côté serveur.

On entend souvent parler des optimisations côté "front" (CSS, images, limitation des "tracker", utilisation intelligente de javascript, etc).

Je trouve qu'on ne parle pas assez du côté "back". Je ne dis pas que personne en parle mais pas assez à mon goût. C'est pourtant là que se passe la plupart des traitements d'une application web.

Une page html optimisée mais générée par une application serveur très gourmande ne peut pas être considérée comme écoconçue. Les géants du web ont besoin de tellement de ressources qu'ils font ce travail d'optimisation côté "back". C'est indispensable pour eux. En revanche pour les plus petits, j'ai l'impression que ce n'est pas toujours une priorité. Le prix d'une machine supplémentaire n'est pas forcément très important et il est parfois plus simple d'ajouter une machine (surtout dans le cloud où tout est extensible) plutôt que de chercher l'optimisation. C'est bien dommage.

En effet, si on cumule toutes les pertes engendrées mondialement, l'économie à faire est probablement énorme en terme d'énergie et surtout en serveurs. Ce sont des machines bien physiques qu'il faut construire. J'ai moi même ignoré ça pendant longtemps sans m'en ŕendre compte. Si le coût des ressources prenait en compte les dommages écologiques, on réfléchirait probablement différemment (et pour tous les domaines d'ailleurs).

Pour commencer à optimiser, je pense que le plus efficace est de répérer le code qui est exécuté le plus souvent. En effet, améliorer les performances d'un code gourmand mais appelé très rarement (je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire) aura un impact bien moins important. Ensuite, il faut étudier précisément ce code et remarquer les portions gourmandes comme les nombreux échanges avec une base de données par exemple (c'est souvent là qu'on peut faire de grosses optimisations). Que pourrait-on faire ? Revoir les index ? Optimiser les requêtes SQL ? Est-ce possible si un ORM spécifique du marché est utilisé ? Faut-il gérer la requête manuellement ? Cette requête est-elle souvent identique et retourne-t-elle toujours les mêmes résultats (dans ce cas un cache serait efficace en mémoire par exemple) ?

Non seulement ces optimisations seront intéressantes pour vous car vos outils s'exécuteront plus rapidement en limitant l'ajout de ressources en cas de montée en charge et vous participerez à l'effort collectif pour l'environnement. Collectivement, on peut faire la différence.

Quand je regarde une partie du travail que j'ai écrit, je me rends compte aujourd'hui que je ne ferais pas du tout les mêmes choix quitte à limiter la souplesse de certains outils. Il faut trouver le bon dosage et savoir parfois renoncer à certaines fonctionnalités si un équivalent un peu mois souple offre une économie de ressource significative. Lorsque le développement est à réaliser pour un client, un employeur, c'est plus compliqué. Il faut essayer de convaincre. C'est aussi notre rôle.

]]>
Yoan De Macedo 2021-02-19T14:32:53Z
Il n'y a pas que le CO2 http://yoandemacedo.com/blog/pas-que-co2 On entend beaucoup parler du réchauffement climatique, principalement lié au CO2 rejeté dans l'atmosphère.
C'est une excellente nouvelle puisqu'il indispensable que tout le monde prenne conscience de l'urgence.
Grâce à "l'équivalent CO2", il est aussi possible de mesurer l'impact d'un produit, d'un service, d'un voyage et on peut le comparer aux 2 tonnes annuelles par personne que nous ne devrions pas dépasser pour rester en dessous des 2°C de réchauffement. Là encore, c'est très important.

Toutefois, n'oublions pas que le CO2 n'est pas le seul problème environnemental. Les pollutions diverses, le déclin de la biodiversité ne doivent absolument pas être oubliés.

Prenons l'exemple de la voiture électrique. Nous savons qu'elle ne rejette pas de CO2 à l'utilisation (enfin, si l'électricité est décarbonée. Si elle a été produite avec du charbon, on peut considérer que la voiture roule au charbon). Nous savons aussi que le CO2 rejeté pour sa fabrication est plus important qu'une voiture thermique. Toutefois, si on prend le cas d'une petite voiture électrique (et même des plus grosses, j'ai été surpris), en France, sur son cycle de vie complet, elle peut générer beaucoup moins de CO2 qu'une voiture thermique équivalente si on la garde suffisamment longtemps. J'ai été étonné, c'est assez rapide. J'ai utilisé le le simulateur climobil (j'espère que les données sont correctes). C'est une bonne nouvelle. Mais ...

Le CO2 n'est pas le seul souci. L'extraction minière n'est pas neutre pour la biodiversité. Certains produits chimiques ont aussi des conséquences sur la qualité de l'eau, les animaux, l'environnement. Et ... nous avons trop tendance à oublier cette partie là qui est gravissime elle aussi. On parle de la santé de tous les êtres vivants, nous compris.

Par ailleurs (c'est une autre histoire), le renouvellement trop rapide de sa voiture thermique pour une voiture électrique n'est pas toujours si bon que ça pour la planète. En effet, si la voiture remplacée est toujours en bon état, elle va probablement partir vers le marché de l'occasion. Elle va donc encore polluer mais dans les mains de quelqu'un d'autre ... Certains modèles vont aussi partir vers des pays émergants et démocratiser la voiture dans des zones où les gens se débroullaient sans. Son recyclage en fin de vie sera-t-il réalisé dans les mêmes conditions ?

Il faut donc faire très attention aux méthodes utilisées pour baisser nos rejets de CO2. Nous ne devons pas le faire au détriment de la biodiversité, au détriment de la santé car nous n'arrangerons pas le problème de cette façon.
Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas utiliser la technologie et ne pas chercher de nouvelles solutions, au contraire, mais elles doivent être étudiées sous toutes les coutures. On en revient encore vers la recherche de sobriété.
Le déplacement en véhicule électrique est très intéressant mais via le transport en commun d'abord. Partage de véhicule, vélo, nos jambes et si ce n'est pas possible la voiture individuelle électrique.
Bien entendu, il faudrait donc consolider les réseaux de transport en commun, revoir nos villes et nos villages pour moins avoir besoin de nous déplacer. Réhabiliter les petits commerces locaux, rapprocher le lieu de travail grâce au télétravail (à la maison ou via des espaces de coworking) lorsque c'est possible bien sûr. Globalement, nous devons trouver des solutions pour moins avoir besoin de nous déplacer, optimiser nos déplacements et utiliser la méthode la moins polluante chaque fois que c'est possible.

Et ne voyons pas tout de suite la chute de l'économie. On aura toujours besoin de se déplacer. Certaines entreprises devront revoir leur modèle, le faire évoluer mais je pense que les opportunités sont nombreuses et passionnantes. Nous n'aurons de toutes façons pas le choix. Soit nous faisons le nécessaire en adaptant l'économie, en transformant certains métiers, soit la "transition" se fera sans nous, très brutalement et là l'économie risquerait bien d'être à genou (et nous avec).

]]>
Yoan De Macedo 2021-02-12T17:18:28Z
Prise de conscience http://yoandemacedo.com/blog/prise-conscience Je ne sais plus exactement à quel moment j'ai ressenti la véritable urgence. Pas celle qu'on connaît mais qui semble un peu lointaine mais celle qu'on ressent vraiment, qui résonne en nous. C'était au cours des deux dernières années qui viennent de s'écouler.

Nous savons aujourd'hui que pour ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement de la planète, nous ne devons pas rejeter plus de 1.7/2 tonnes d'équivalent CO2 annuellement par personne pour l'ensemble de nos achats, de nos activités (directement et indirectement). Ce sont les chiffres qui circulent et qui semblent être admis par la communauté scientifique. C'est indispensable pour limiter les conséquences du réchauffement. Je ne parle même pas de les empêcher puisqu'il est déjà trop tard. En revanche nous pouvons encore les limiter pour maintenir des conditions de vie "agréables".
La moyenne d'un français serait aujourd'hui autour de 11 tonnes. Oui 11 tonnes. Une division par 6 est nécessaire.

Quelqu'un né dans les années 50 en France dispose d'un quota moyen de 588 tonnes équivalant CO2 utilisable durant toute sa vie (pour 2° de réchauffement). Pour un enfant né en 2016 c'est 176 tonnes (source). On comprend assez vite pourquoi il ne pourra pas se comporter de la même façon et qu'il aura une vie différente. Plus nous ne faisons rien et plus les efforts nécessaires seront importants les années suivantes. Il est temps de se bouger sérieusement.

Alors ne regardons pas le passé en se morfondant. J'ai pris l'avion plusieurs fois avec mes parents quand j'étais jeune puis adulte je l'ai pris aussi pour partir vacances. J'ai aussi acheté et changé bien trop de fois de téléphone, d'ordinateur. Je ne savais pas tout ça. Je le regrette mais c'est fait. Maintenant, je suis informé, je connais les conséquences et ce qu'il faut faire.
J'agis différemment, je vois les choses autrement. Et ... je suis encore bien loin des 2t.
D'ailleurs, à ce sujet, même les comportements héroïques ne suffiront pas (et je n'ai pas un comportement "héroïque"). Les institutions, le monde des entreprises doit aussi changer. La clé vient en grande partie d'eux. Toutefois, le "système" répond aussi à notre volonté, à nos exigences. Il est tout à fait possible de faire évoluer le système par nos changements de comportements. On parle du "point de bascule".

Je ne vous cache pas que les discussions avec mes amis, avec mes proches peuvent être animées. Nous n'avons pas encore tous perçu l'urgence réelle et c'est relativement difficile pour moi de ne pas réagir en m'emportant un peu parfois. C'est peut-être parfois exagéré mais ça vient des tripes. Je compatis avec tous ceux qui se battent déjà depuis des décennies, qui alertent sans cesse. Leur courage mérite d'être salué. J'ai beaucoup de respect pour eux.

A partir du moment où on est informé, quand on connaît les conséquences du réchauffement, du déclin de la biodiversité, des inégalités sociales répugnantes, ne rien faire et continuer comme si de rien n'était est grave. C'est égoïste pour tous les enfants et les jeunes d'aujourd'hui, pour toutes les générations futures. N'oublions pas non plus que les conséquences sont déjà bien réelles pour une partie de l'humanité, qu'elles vont s'accentuer dans les années à venir et que nous serons tous touchés.

Je le répète sans cesse mais n'attendons pas la solution technologique qui stoppera le réchauffement, soignera la biodiversité et fera disparaître les inégalités. Bien sûr la technologie est nécessaire et nous aidera mais le vrai changement viendra de l'évolution de nos modes de vie.

Nous aimons les chiffres et ils sont bien utiles pour comprendre. Je vous laisse jeter un oeil à cet article sur les ordres de grandeur. Gardez en tête les 2 tonnes eq CO2 par an à ne pas dépasser.

'Un A/R Paris-Marseille en TGV émet 10x moins de CO2eq qu'1kg de viande rouge". Impressionnant non ? "En moyenne, un français émet environ 27x plus de CO2 qu'un Burkinabais". Vous comprenez pourquoi je m'agace quand j'entends "il faudra peut-être bien que certains fassent moins d'enfants dans certains pays ...". Si on suit leur raisonnement, ils se trompent de pays. Les responsables, ce sont bien les pays riches. C'est à nous de faire les efforts les plus importants. Les pays pauvres sont les moins responsables et sont ceux qui bénéficient le moins de l'amélioration de niveau de vie. Et pour finir, ce sont eux qui, pour l'instant, se prennent les plus grosses conséquences. Soyons humbles.

Et si on changeait sa voiture pour la planète ? Vous êtes sûr ? Lisez ça. Donc 18 tonnes CO2eq pour une voiture de classe "moyenne". 9 ans du quota CO2 pour toutes les activités, achats d'une personne ...

Tous ces chiffres ne sont pas les miens, ce sont des ordres de grandeurs et ils ne sont probablement pas d'une précision extrême. Il n'est d'ailleurs probablement pas possible d'être exact. Je ne les certifie pas bien sûr mais je n'ai pas vu non plus de chiffres allant dans un sens très différent.

Je sais que je radote un peu sur cette conclusion mais un monde différent ne signifie pas un monde plus terne et plus triste. Non, il peut être confortable, heureux. C'est à nous de définir nos priorités, d'inventer de nouveaux loisirs, de nouveaux repères.

]]>
Yoan De Macedo 2021-02-01T15:48:55Z
L'importance du récit http://yoandemacedo.com/blog/recit Beaucoup de militants écologistes parlent de récit. J'avoue que la première fois que j'ai entendu ça, j'étais sceptique.
Puis j'ai écouté à nouveau des gens comme Cyril Dion, Aurélien Barrau. Dans un autre registre, j'ai lu Yuval Noah Harari. J'ai médité là dessus et ils ont raison. C'est une évidence.

Nos sociétés fonctionnent grâce au récit. Nos règles ne sont que des récits. Qu'est ce qu'un contrat de travail ? Qu'est ce que l'argent ? La loi ? Des histoires que les humains se racontent et qu'ils croient. Rien de tout ça n'existe matériellement. Où est le rapport avec l'environnement allez-vous me dire ? J'y viens.

Prenons un exemple. Qu'est ce que "réussir sa vie" ? La plupart des récits mettent en avant l'argent, la voiture de sport, les belles villas (et tout ce qui va avec). Ils sont transmis oralement entre les individus, parfois même indirectement durant les études, par les films, les livres, la publicité. Ces messages se sont imprimés dans nos esprits de générations en générations et façonnent nos comportements, dirigent nos envies. Malheusement, ces récits sont étroitement liés à la destruction de l'environnement, au développement des inégalités sociales.

N'existent-ils pas d'autres récits menant au bonheur, en accord avec le respect de la nature, l'égalité entre les humains, un partage plus juste des ressources ? Personnellement je pense que si et un récit probablement plus beau, avec un résultat plus durable et plus heureux. Alors heureusement, certains l'écrivent déjà et je les remercie. Mais, nous pouvons tous y participer en commençant à réfléchir différemment, en se détachant des récits dominants, en expérimentant et en transmettant.

]]>
Yoan De Macedo 2021-01-23T21:04:00Z
Relevé d'équivalent CO2 http://yoandemacedo.com/blog/releveco2 J'ai vu passer un message de bonpote qui pointait quelque chose qui m'exaspère.
Aujourd'hui, beaucoup de sociétés se disent neutres en CO2 en mettant en avant les méthodes de compensation carbone.
Bref, qu'on compense ou pas, aucune activité n'est neutre et si nous compensions tous d'une manière ou d'une autre sans rien changer au problème initial, nous n'arrangions pas grand chose aux conséquences dramatiques en cours et à venir.
C'est simplement une façon de dire "je fais quelque chose", de "greenwasher" un peu, mais ce n'est en rien la réponse au problème.

Dans les commentaires, quelqu'un disait qu'il serait intéressant d'afficher à côté du prix d'un voyage en avion par exemple, l'équivalent CO2 qu'il représente (sans compter les compensations bien entendu) et de le mettre en parallèle avec les 2 tonnes par an qu'une personne ne devrait pas dépasser si elle désire un avenir vivable.
Finalement, on affiche bien sur les produits alimentaires des informations sur la qualité nutritive désormais. Nous devrions faire de même pour l'équivalent CO2 de l'ensemble des produits de consommation, des activités diverses et variées.

Si sur l'ensemble de nos tickets de caisse, factures, relevés de placement bancaires, etc, nous avions l'équivalent CO2 de ce que l'achat (son cycle de vie complet) ou l'activité a généré alors il serait beaucoup plus facile de se rendre compte du changement de société que nous devons mener. C'est compliqué. Déjà techniquement, il n'est pas toujours facile de connaître vraiment l'impact d'un produit / service mais si tout le monde s'y mettait, je pense que c'est quelque chose de faisable. Ensuite, il faut que l'ensemble des professionnels acceptent de mettre en avant ce chiffre qui dans bien des cas ne sera pas forcément flatteur. On a imposé beaucoup d'informations pour l'alimentaire alors pourquoi pas ? On pourrait aussi imaginer des applications équivalentes au célèbre Yuka qui pourrait nous donner ce genre d'informations mais là encore, obtenir les données est un véritable challenge. De plus, serait-elle utilisée ? Pas sûr. Autant beaucoup ont pris conscience de l'importance de la qualité de leur assiette et décide de s'informer sur la nourriture qu'ils achètent, autant l'impact de nos achats n'est malheureusement pas encore suffisamment pris au sérieux.

Bon ça ne ferait pas réagir tous ceux qui s'en fichent, qui n'y croient pas, qui pensent qu'une technologie magique va nous sauver. En revanche, je pense qu'une grande partie de la population pourrait découvrir l'impact de leur vie à travers ces chiffres. Chaque pas est important.

J'en profite pour marteler encore un message. Ne prenons pas ce changement de société nécessaire pour une punition. Voyons le côté positif. Une vie meilleure, plus d'égalité et plein d'opportunités professionnelles. Bien sûr, les métiers changeront, certains disparaitront, d'autres seront créés. Il sera donc nécessaire de se former, d'évoluer et donc d'apprendre, de grandir. C'est plutôt sympa non ?

]]>
Yoan De Macedo 2021-01-23T20:42:49Z
Renoncer http://yoandemacedo.com/blog/renoncer Chaque jour (ou presque), je pense à l'état de notre planète, au réchauffement climatique, à ce qui nous attend si nous ne bougeons pas vite et fort. J'imagine que nous sommes bien nombreux dans le même cas. J'en parle avec ma femme, à mon petit, lors des réunions de famille, avec les amis, au risque de devenir rabat-joie. Je pense que c'est en transmettant ce que j'apprends au fil de mes réflexions, de mes lectures que je pourrais convaincre quelqu'un de s'intéresser davantage au sujet pour qu'il découvre à son tour la situation et en faire ce qu'il souhaite.

Même si nous savons tous ou presque (les sceptiques restent nombreux) que quelque chose cloche, nous n'en sommes pas à la même étape dans la prise de conscience. Je pense que beaucoup croient encore que la technologie nous sauvera, que la situation n'est pas si dramatique. Je pense que quelques années auparavant j'aurai pu être dans ce cas. Je n'y crois absolument plus. J'aime la technlogie mais j'ai bien compris qu'elle n'est pas toute puissante. Nos créations matérielles portent bien leur nom. A un moment où un autre, il faut extraire quelque chose du sol, ponctionner la nature. Au rythme auquel nous allons et avec l'accroissement de la population mondiale, ce n'est tout simplement pas possible de poursuivre ainsi. Nous le voyons déjà très clairement. On peut toujours espérer une technologie incroyable, la véritable disruption mais, pour moi, c'est un peu comme espérer gagner au loto. C'est théoriquement possible mais la probabilité est telle que parier sa vie et celle des générations futures dessus n'est vraiment pas sérieux.

Pour parvenir rapidement à diminuer notre emprunte carbone sans tout miser sur ce miracle technologique, on peut tourner les choses dans tous les sens, le renoncement semble être une solution très efficace.
Je ne m'en réjouis pas. On recherche tous le confort et ce n'est pas forcément "excitant" d'y renoncer en partie.
Nous avons vécu une période de confort extrême et celui-ci ne semble pas compatible avec les ressources disponibles. On peut continuer à croire le contraire, continuer et même accélerer. Pendant ce temps, celles-ci s'amenuisent encore.
A contrario, le renoncement n'est pas obligatoirement synonyme de tristesse, de manque. A nous d'en retirer le côté positif.

Prenons l'exemple de l'avion, souvent cité. Le tourisme tel que nous le pratiquons en avion n'est pas soutenable. On peut tout simplement renoncer. Si je prends mon cas (je suis loin d'être parfait), j'ai décidé d'abandonner l'idée de reprendre l'avion. Je prévois quelques exceptions, on se sait jamais ... :

  • obligation quelconque (professionnelle, urgence absolue)
  • ne pas me fâcher avec ma femme si elle a une envie de voyage incontrôlable (mais je fais le nécessaire pour convaincre ;))
  • le fameux miracle technologique (mais je n'y crois pas)
  • une organisation avec un système de quota nous laisserait l'occasion de prendre ponctuellement l'avion

Pourtant, j'aime voyager. Avant d'avoir ouvert les yeux sur tout ça, j'ai voyagé en avion. J'aimerais retourner en Islande (j'adore ce pays) ou visiter l'Asie. Mais, je pense que pour le bien de tous, des générations futures, il faut y renoncer. Pourtant, je suis tout à fait d'accord pour dire que l'aviation est une formidable invention.

Jusque là, nous avons innové et mis sur le même plan innovation et progrès. Je pense que c'est une erreur. Innovation et progrès ne vont pas toujours de pair.
Il n'est pas toujours bon de créer quelque chose de nouveau même s'il apporte encore plus de confort. Nous devrions projeter cette innovation dans le future, prendre en compte l'ensemble de son impact écologique et renoncer si ce n'est pas soutenable. Malheureusement, nous n'avons pas ce recul. On pourrait aussi décider collectivement d'une durée de péremption. Une innovation pourrait nous être utile pendant un temps donné même si son impact environnemental n'est pas parfait si le service rendu est très important puis abandonnée. C'est une nouvelle façon de penser.

Je suis tout à fait conscient des conséquences du renoncement sur l'économie, l'emploi, qui sont bien entendu très importantes. Il est indispensable d'accompagner vers de nouveaux métiers à travers la formation, partager davantage les richesses. Ne rien changer aurait des conséquences encore bien pires (et c'est peu dire).

Pour moi, le renoncement n'est pas forcément corrélé à l'envie de renoncer. Nous n'avons tout simplement plus le choix.
Un diabétique qui continue à manger du sucre à outrance sait très bien ce qui arrivera à terme.
La grande différence ici, c'est que le choix est en partie individuel mais les conséquences ne le sont pas. Si je reprends mon exemple précédent, le choix de la personne aura des conséquences sur sa propre santé, son confort de vie.
Le réchauffement climatique, la baisse de la biodiversité nous touche (ou nous touchera) tous. Il est donc indispensable de penser et d'agir collectivement et c'est bien la plus grande difficulté.

]]>
Yoan De Macedo 2020-08-21T17:21:52Z
Marre du greenwashing http://yoandemacedo.com/blog/marre-du-greenwashing Pour continuer à croître, à vendre davantage, dans un contexte où on parle de plus en plus du changement climatique, il faut trouver de nouvelles pirouettes marketing. Le greenwashing est partout. Tout d'abord, les émissions de CO2 ne sont pas le seul souci. L'extraction polluante des métaux rares (et dans des conditions humaines souvent très difficiles), la pollution de l'eau, la déforestation, la souffrance de la biodiversité, etc ... On les oublie trop souvent. Mais, même en s'arrêtant sur le seul du sujet du CO2, c'est plus complexe qu'on pourrait croire au premier abord.

Prenons le cas d'un moteur électrique. Pas d'émission de CO2 à l'utilisation, c'est vrai et tant mieux !
Toutefois, quid des émissions générées en amont pour extraire des métaux rares, le transport des pièces, l'assemblage. Et votre électricité, elle vient d'où ? Du nucléaire ? Du charbon ? Du renouvelable ? Et si elle vient du renouvelable, quel est impact en équivalent CO2 de la construction d'une éolienne ? D'un panneau solaire ? Et les émissions qui suivront pour le recyclage ?
Lorsqu'on commence à se renseigner, on se rend très vite compte que rien n'est propre, rien.
Attention, je ne dis pas qu'il ne faut pas innover, au contraire.
Toutefois, on devrait mesurer l'impact environnemental d'un objet non pas seulement lors de son utilisation mais sur son cycle de vie complet. Et là, tout est différent.

Pour diminuer son impact lors de l'achat d'un objet, la solution la plus efficace, c'est de ne pas l'acheter.
Bien entendu, je ne dis pas de ne plus rien acheter. On en a besoin ! Moi aussi j'achète des objets, si si.
Mais avant d'acheter quelque chose, il faut se poser la question.
En ai-je vraiment besoin ? L'impact de cet objet vaut-il le service qu'il me rendra ? Si la réponse est oui alors le choix semble limpide.
Mais, vous verrez que parfois (souvent) la réponse est non.

Alors, je n'ai pas envie que la moitié des entreprises disparaissent et que le personnel se retrouve dans une situation précaire.
C'est ce qu'on met toujours en avant lorsqu'on parle de "décroître". On dépeint un monde horrible.
Bien sûr que des entreprises disparaitraient (ou devraient pivoter), des métiers aussi.
Mais de très nombreux métiers sont à créer, à re-développer et les entreprises qui vont avec.
La formation est une des clés de la réussite d'un tel changement de société. De plus, si on a besoin de moins alors on aura aussi besoin de moins de revenu.
N'oublions pas non plus ceux qui sont déjà dans une sobriété forcée car ils ont besoin de l'aide de la société.
La technologie peut nous aider, c'est indéniable mais ne nous laissons pas aveugler par les avancées sans les évaluer dans leur ensemble. N'ayons pas peur du lowtech non plus même si nous avons été bercés depuis notre enfance par l'arrivée de technologies plus impressionnantes les unes que les autres (c'est mon cas). Je me souviens encore du moment magique où j'ai découvert l'informatique puis plus tard ma première connexion à Internet. Mais sachons prendre du recul, garder le bon, devenir raisonnable, et abandonner quand il le faut.

Dans un monde de sobriété, la sobriété numérique est de mise et pour l'instant, mon travail, c'est développeur web. Je serai donc aussi probablement touché par ces changements.
Et alors ? Je sais que c'est compliqué mais le jeu en vaut de la chandelle.

L'objectif, c'est quand même de maintenir une environnement vivable sur la planète, rien de moins que ça. On va perdre en confort, ne nous mentons pas mais nous n'avons pas le choix.
On devrait s'en préoccuper un peu, non ? Je préfère un monde qui aura prévu les mutuations à venir, qui se sera adapté avec toutes les difficultés et les efforts que cela comporte qu'un monde qui subira de plein fouet les inactions. Je ne sais pas pour vous mais je suis convaincu qu'un de ces deux mondes sera beaucoup plus agréable que l'autre.

]]>
Yoan De Macedo 2020-06-25T15:15:33Z
Merci à la convention citoyenne http://yoandemacedo.com/blog/merci-convention-citoyenne Et voilà, les 150 propositions sont sorties. Un groupe a pris du temps pour travailler sur ce sujet très important, probablement le plus important de notre génération et pour le bien de tous.

Les réactions n'ont pas tardé à suivre, il suffit de lire les nombreux retours négatifs au sein de divers articles sortis ces derniers jours. Je ne parle même pas des débats sur les chaînes de TV d'information en continu et les réseaux sociaux ...

Jetez un oeil à la publication de bonpote sur le sujet. Je partage complètement son agacement.

La mesure dont on entend le plus parler, c'est le passage à 110 kms/h sur l'autoroute. Rappelons quand même qu'il existe 149 autres mesures. Apparemment lever légèrement le pied de l'accélateur est un effort surhumain, une atteinte à la liberté féroce, insupportable. Je suis sincèrement dépité par tout ce que j'ai pu lire. Si jouer avec un SUV est plus important que la vie sur Terre, je pense que nous sommes perdus.
Cette mesure, même si ce n'est pas la plus efficace des mesures proposées est très simple à mettre en place. C'est ce qui m'interpelle le plus. Si nous ne sommes pas capables d'accepter un "effort" aussi minime, comment va-t-on parvenir à réduire drastiquement notre consommation de ressources ?
Si on pointe du doigt celui qui pollue plus que soit afin que ce soit lui qui agisse en premier, c'est cuit (le mot est bien choisi car on risque de cuire nous aussi).

Et la liberté de respirer ? d'être en bonne santé ? De vivre dans un monde agréable avec des forêts, des papillons, de l'eau ?
Nos enfants, nos nièces, neveux vont vivre dans quel monde ? Et les autres ? D'ailleurs ne nous pensons pas épargnés. 2050, c'est proche, très proche.
Si rien est fait, dans 30 ans, rouler à 110 kms/h sera probablement le cadet de nos soucis.

Alors merci à vous, ceux qui agissent, ceux qui tente de faire passer le message, qui essaient de faire leur part. Certains le font depuis des décénies, sans faillir et pourtant les raisons d'abandonner sont nombreuses. Merci à vous.

]]>
Yoan De Macedo 2020-06-24T17:57:57Z
Le climat c'est cyclique http://yoandemacedo.com/blog/le-climat-cyclique Je n'en peux plus de cette phrase. Nier l'évidence est juste hallucinant. On ne compte plus les appels alarmants des scientifiques. Scientifiques qui sont pourtant écoutés quand ça nous intéresse (référence à la crise du COVID19). Alors oui, des cycles existent mais là, nous sommes à une autre échelle.
Le climatosceptisme est probablement plus confortable quand il s'agit de réfléchir à nos actes. Oui, c'est en grande partie de notre faute, à nous, humains, si la planète (et la vie) est détruite peu à peu. Les quantités phénoménales de CO2 rejetées dans l'atphosmère n'arrivent pas par magie. Nous sommes tous responsables à plus ou moins grande échelle. Nous connaissons les plus gros pollueurs mais s'ils polluent tant, c'est aussi pour nos modes de vie. Là dessus, on a notre mot à dire. Oui, à l'échelle individuelle, nous n'avons pas la puissance nécessaire pour tout changer. Mais ce n'est pas une raison pour ne rien faire. En décidant de changer nos modes de vie, notre consommation, par ricochet nous pouvons faire changer le monde de l'entreprise. Nous nous sommes emballés, nous en avons voulu toujours plus. Une partie des humains, seulement, profite de ce "confort" pendant que le reste de l'humanité subit les conséquences sans jouir des avantages. Il est tant de devenir plus sage.

Nous ne pouvons pas dire que nous ne sommes pas informés. Les faits sont là, les conséquences déjà bien visibles (et nous sommes encore relativement épargnés par rapport à d'autres régions du globe). Nous pouvons choisir de nous raccrocher à des informations faussement optimistes si on le désire, attendre le micracle technologique qui va nous sauver. Moi, je n'y crois plus. Quoi qu'on fasse, notre génération va subir de gros changements. Nous devons donc nous y préparer pour ne pas subir. Nous devons aussi penser à nos enfants car s'il est déjà trop tard pour stopper la hausse des températures, on peut la limiter pour les générations futures. Mais là aussi, nous n'aurons qu'une seule chance et ce sera bientôt trop tard.
En effet, avec un +2°C, à priori, malgré des changements significatifs, nous pouvons nous adapter (mais il faut commencer). A +5°C, ce sera une tout autre histoire. Nous ne savons même pas exactement quel pourrait être le résultat tant les changements seraient importants.

2100, pour beaucoup d'entre nous, c'est loin. Et pour nos enfants ? Et vos petits-enfants ? Tout simplement, pour les générations à venir ?
Nous devons notre monde à ceux qui nous ont précédés. Le minimum, c'est en retour, de penser aux générations futures. Pour les égoïstes qui se disent en voyant la moyenne de températures annoncées pour 2100 (si on ne fait rien) qu'ils ne seront plus là pour le voir, dites-vous bien que la hausse ne va pas se faire soudainement pendant le réveillon du 31 décembre 2099.
Nous sommes déjà dedans. D'ailleurs le repas du réveillon 2099 risque d'être bien moins festif si toutes les récoltes ont été grillées.

Je ne cherche pas à donner des leçons, je suis loin d'être parfait. Déjà, mon métier est consommateur de ressources (le web, l'informatique). Je suis en pleine réflexion sur ce point d'ailleurs. J'ai aussi longtemps été attiré par tous les joujous technologiques. Mais, en écoutant, en lisant, en m'informant, en échangeant, j'ai compris qu'on ne pouvait plus continuer ainsi. J'ai aussi compris que l'important n'était pas là, que le bonheur était ailleurs. Je n'ai pas non plus envie de retourner à l'âge de pierre. Mais clairement, il est tant de se satisfaire de ce qu'on a et de ne plus en vouloir sans cesse plus. A ce rythme, nous n'aurons bientôt plus rien.

]]>
Yoan De Macedo 2020-06-24T16:09:13Z