Yoan De Macedo [ Web & Ecologie ]

Six mois sans deuxième voiture

Etrange ce titre non ? Je ne vais pas vous parler d'un exploit, ce serait un peu présomptueux.

Je parle beaucoup d'écologie ici. Et là, je ne sors pas un billet vantant ma vie sans voiture mais seulement sans seconde voiture. J'en suis bien conscient, je ne suis pas un héro.

J'habite dans une commune à environ 10 kms de la petite ville la plus proche et à 20 kms de Clermont-Ferrand.
Se passer d'une voiture dans cette configuration là, c'est possible mais c'est très compliqué. Et, comme vous verrez plus loin, j'ai accès à quelques commodités auxquelles beaucoup n'ont pas accès.

Nous avions encore à la maison deux voitures il y a quelques mois. Deux petites citadines. Clairement, une des deux n'était pas utilisée 95% du temps. Il y a six mois, je devais soit faire une réparation importante sur la mienne, soit en acquérir une nouvelle (d'occasion de préférence).
A ce moment là, je me suis posé la question de tout simplement m'en séparer. C'est finalement la solution que j'ai retenue. Nous sommes fin 2022.

Lorsqu'on vit en périphérie des villes ou encore plus loin en campagne, faire les courses, travailler sans voiture est parfois impossible ou complique la vie à un tel point qu'on ne peut pas y renoncer. Lorsque les deux membres d'un couple travaillent chacun à l'extérieur alors ils disposent très souvent de deux véhicules. Il me suffit de faire le tour de ma commune pour me rendre compte que c'est le cas le plus courant. Et ce n'est pas anodin : pollution (fabrication + utilisation), coût (achat, assurance, entretien), encombrement (stationnement).

Très clairement, l'agencement des villes a été longtemps pensé pour la voiture et il faut vite parcourir de nombreux kilomètres pour accéder à certains services. Il est évident que des changements importants doivent être réalisés sur ce point. C'est indispensable pour le futur. Ça ressemble (peut-être) à une retour en arrière mais nous allons en avoir besoin.

Pendant pas mal d'années, je me suis rendu au bureau chaque jour puis, bien avant "les années covid", j'ai commencé à travailler de chez moi tout en me rendant régulièrement chez des clients. Puis, finalement, je n'ai eu besoin de me déplacer professionnellement qu'une fois par semaine. Depuis la pandémie de covid, je travaille 100% à distance.

Mes déplacements en solo se résument donc désormais à faire quelques courses, manger avec des collègues en ville, me rendre à un rendez-vous chez un médecin de temps en temps comme tout le monde. J'ai aussi besoin d'amener mon fils à l'école et de le récupérer.

Ma femme ayant désormais accès au télétravail partiellement, un véhicule est disponible en journée de temps en temps à la maison. Tout ça a fini par me décider de tenter l'expérience. Renoncer à la facilité pour apporter une modeste pierre supplémentaire à la lutte contre le changement climatique. Mais c'est aussi l'occasion de faire quelques économies, de faire attention à ma santé en bougeant davantange.

Pour l'école, à vélo, ça se fait très bien. S'il pleut, que la voiture est disponible, je l'utilise (j'avoue). Sinon, tant pis, il suffit de se protéger. D'ailleurs depuis six mois, nous n'avons encore jamais été trempés et je trouve ça presque inquiétant. Je me suis vraiment rendu compte du manque de pluie. Je redoutais ce moment où j'allais dégouliner. Ce n'est encore jamais arrivé.

La petite ville la plus proche dispose d'une gare et c'est bien pratique. Mais ... il faut s'y rendre. J'aimerais tellement pouvoir y aller en vélo mais c'est beaucoup trop dangereux. J'espère qu'un jour (c'est prévu), une piste sécurisée le permettra. J'ai peur que ça prenne beaucoup de temps.
Dans ma commune (et ça c'est top), un minibus peut m'y déposer toutes les heures et avec un arrêt juste devant la gare notamment.

Pour les rendez-vous, il faut s'organiser et les caler quand la voiture est disponible ou, quand mon agenda le permet, je peux utiliser le combo mini bus + train (si nécessaire) + marche à pied. ça prend plus de temps, ça c'est clair mais c'est finalement plaisant de croiser du monde, de prendre l'air, de marcher. La variable la plus importante, c'est bien sûr le temps. Le fait de travailler à distance, en freelance, de pouvoir réfléchir même en marchant est bien entendu une chance. Tout le monde ne peut pas se le permettre. Toutefois, je ne suis loin d'être le seul à travailler de la sorte.

Toutes les zones ne me sont pas accessibles facilement ou demanderaient un temps de trajet trop long. Jusque là, j'ai pu me débrouiller et caler ces déplacements à un moment où je disposais de la voiture.

Pour les repas avec les collègues, là aussi, c'est plus difficile. Parfois je décale, je dois "imposer" le jour ou carrément décliner. Désolé les copains.

Je suis satisfait puisque, pour l'instant, on arrive à se "contenter" d'une voiture et j'espère que ça va continuer le plus longtemps possible.

Je surveille d'assez près les autres formes de mobilité qui se développent comme les quadricycles électriques par exemple. Mais, pour l'instant, l'investissement ne serait pas du tout rentable pour mon cas. Juste pour éviter la pluie en allant à l'école. Non, pas possible.
J'ai jeté un oeil au covoiturage mais pour de courts trajets à des moments variés, pas grand chose n'est disponible chez moi.
Je suis aussi un peu frustré quand je vois le nombre de voitures qui dorment dans ma rue. Je n'ai pas osé demander à mes voisins s'ils seraient ok pour louer leur voiture quelques heures de temps en temps. Ce serait aussi une option intéressante.

Prendre le temps, ralentir, est probablement quelque chose que nous allons devoir faire à grande échelle. La société doit s'adapter et ça va prendre du temps. Je reste persuadé que c'est indispensable.

J'ai la chance de pouvoir expérimenter cette mobilité car toutes les conditions sont réunies.
Je suis conscient que pour beaucoup ce n'est pas possible pour des questions d'horaires à respecter notamment. D'autres encore, sont forcés de le faire avec des contraintes bien plus importantes tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas se permettre d'avoir un véhicule.

Mais, je suis conscient aussi que nous sommes nombreux à pouvoir changer notre mobilité en perdant (peut-être) un peu de confort (et même sans habiter en centre ville). J'espère donner envie à ceux-là d'essayer.

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